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 Prévert dans le Figaro

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michel sanvoisin

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Localisation : rue des moines, paris
Date d'inscription : 11/11/2006

MessageSujet: Prévert dans le Figaro   Jeu 26 Avr - 15:20

un article dans Le Figaro Littéraire paru aujourd'hui m'a paru suffisamment étonnant pour que j'en fasse un rapide copier-coller :
Citation :
Le chantre des révoltes de bistro - CLAUDE MICHEL CLUNY
Publié le 26 avril 2007
JACQUES PRÉVERT
Que reste-t-il de celui qui fut poète à succès de son vivant ? Ses scénarios pour Carné ?
EN 1983, un marchand de slogans, auteur de la fameuse « force tranquille», affirmait sur la foi d'un sondage que la poésie allait triompher. En effet, une majorité de Français auraient aimé être Georges Brassens, « parce que c'était un poète ». Annonce de lendemains qui naturellement chantèrent faux. Au vrai, le mépris dans lequel les Français en général tiennent la poésie en est a priori responsable. Il est arrivé à Jacques Prévert (1900-1977) ce qu'il advint au plus « grand poète du XIXe siècle »,
Pierre Jean de Béranger, admiré, même de bons esprits et poètes, eux, de haut vol, pour ce qu'il n'était pas. Béranger, célébrissime, fut un pourvoyeur de chansons « morales » et « patriotiques », comme Prévert illustra, par la grâce de musiciens, tel Kosma, les guinguettes de l'existentialisme. Confusion des genres.

Des embardées vers le non-sens

Le succès de ses recueils, Histoires, Paroles... vient de ce qu'on prit pour neuve sa prose relâchée, pour de l'audace des banalités scandées par « le bruit de l'oeuf dur » sur le zinc. « Cortèges », « Inventaire » de lieux communs : Dans la rue passe un vivant Avec tout son sang de dedans Soudain le voilà mort Et tout son sang est dehors...
Admirons le rythme, la pensée, la puissance inattendue de l'image ! L'époque se préparait à renier sa culture. Béranger s'en prenait aux émigrés (de la Restauration), Prévert devenait le chantre des révoltes de bistrot. Mais scénariste et dialoguiste efficace, inventif : comment ou­blier Drôle de drame ou Les Enfants du paradis de ­Carné, pour ne citer que deux chefs-d'oeuvre dissemblables. Prévert était en phase avec l'esprit d'un cinéma français d'auteur oscillant du néoréalisme à des embardées vers le non-sens, issu, grinçant et jubilant, du surréalisme. Rien là qui nous rappelle ses tirades de vers qui n'en sont pas. Le cinéma lui fut un espace heureux, où mettre en oeuvre son sens de l'observation et le meilleur de sa gouaille, de la réplique mordante ou décalée.

De même, son esthétique se trouve, avec une dose identique d'humour et de surréalisme, dans ses collages. Ils justifient le second tome de la Pléiade, qui, aberration bien digne du temps, lui a été dédié en 1996.
À quand Béranger ?

Il apparaît très révélateur que Prévert puisse susciter des critiques de ce style concernant sa poésie 30 ans après sa mort. Prévert a toujours été critiqué pour sa poésie de lieux communs, de vers libres, etc... Ce qui prouve sa modernité. Prévert ne parle pas aux élites. il se sert du langage populaire pour parler au peuple. il joue avec la langue française pour mieux la pervertir en quelque sorte. Prévert a toujours été du coté du peuple, c'est surement ce qui continue à en gêner certains (ce qui est plutôt rassurant par les temps qui courent).
à bientôt
Cool
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