michel sanvoisin

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| Sujet: une chronique du Monde à propos des dvds récents de Carné. Ven 22 Déc - 2:06 | |
| Vous pouvez lire la chronique de Jean-Luc Douin dans Le Monde daté du 22 décembre 2006 ici consacré à la sortie en dvd cet automne de Drole de Drame et des Enfants du Paradis.
Comme d'habitude, je fais un rapide copier-coller en cas où cet article disparaisse :
| Citation: | Deux classiques du duo Marcel Carné-Jacques Prévert
LE MONDE | 21.12.06 | 18h24 • Mis à jour le 21.12.06 | 18h24 Il est assez cocasse de relire les critiques à propos de Drôle de drame, de Marcel Carné (1937). L'accueil fut un tantinet frigide. Parmi les articles qui furent signés par des sommités, on retiendra l'humour d'André Maurois ("Ce n'est pas un drame, mais ce n'est pas drôle"), le fanatisme d'un François Vinneuil, fasciste (alias Lucien Rebatet) contre un scénariste (Jacques Prévert) trop rouge ("prétentieuse insanité"), l'incompréhension de Georges Sadoul, qui ne croit pas "à ce tueur-de-boucher-sentimental-et-vélocipédiste" ou la partialité d'Henri Jeanson ("En voyant un tel film, on a envie de s'écrier : Vive la Margoton du bataillon !").
Il est possible que, sortant de nos jours, le film suscite ce type d'aveuglement dans les nouveaux réseaux de communication où les paranoïaques voient une éradication de la culture. Quoi qu'il en soit, ceux que l'humour noir de J. Storer Clouston, transcendé par Jacques Prévert, met plus en joie que les insanités de Borat ont l'occasion de se réinjecter une nouvelle dose de cette comédie loufoque "bizarre bizarre". APPARENCES TROMPEUSES La réédition du film restauré, avec historique de Jean Ollé-Laprune, anecdotes de tournages, propos de Françoise Rosay, est de nature à ravir tous ceux qui aiment les jeux de miroirs. Pièce à conviction du patrimoine poético-burlesque français, ce film, dont le titre fut trouvé par Violette Leduc alors employée chez Gallimard, illustre le goût de Prévert et Carné pour les menteurs, les fausses identités, les apparences trompeuses.Michel Simon y incarne le respectable Irwin Molyneux, botaniste qui publie des romans policiers sous le pseudonyme de Félix Chapel, et qui va devoir porter la fausse barbe de Chapel pour toucher l'héritage d'une vieille tante subjuguée par ledit Chapel, lequel nourrit ses histoires de sa secrétaire, qui les tient d'un laitier qui la courtise. Qui est le véritable auteur du film ? La réponse est dans cette mise en abyme. Tout le monde emprunte à tout le monde...Même interrogation dans Les Enfants du paradis, signés des mêmes Carné et Prévert (1945). Là encore, la critique rechigne. Elle trouve le film trop long, juge les acteurs "mauvais" : ce ne sont qu'Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Marcel Herrand... Arletty y joue Garance, qui n'a pas de nom, puisque née de père inconnu. Elle distille une philosophie de vie : ne pas feindre, être comme on est, aimer ce qu'on a envie d'aimer, au mépris des masques sociaux.Sans gâcher son plaisir, on a ici le film, plus une cascade de suppléments : entretiens avec Jean-Louis Barrault et le décorateur Alexandre Trauner, documents sur Arletty, Marcel Carné, Pierre Brasseur... Garance : "Le public, lui, n'est pas très compliqué." Drôle de drame, 1 coffret "collector" de 1 DVD, Montparnasse ; Les Enfants du paradis, 1 coffret de 2 DVD Pathé.Jean-Luc Douin
Article paru dans l'édition du 22.12.06
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